Le Pilier et le Bonze

Mais qui se cache derrière ce maillot

Daniel Herrero portant le maillot du Rugby Club Toulonnais (RCT) - Auteur photo inconnu
Daniel Herrero, troisième ligne aile du RC Toulon puis entraîneur de cette équipe qu’il mena à la victoire en Championnat et aujourd’hui journaliste lu et écouté dans les médias nationaux – Auteur photo inconnu

Le dimanche matin je ne loupe jamais “Rencontre à XV”, l’ émission de France 2 sur le rugby.
Aujourd’hui, il y a eu un reportage sur l’équipe de Laruns, village de la vallée d’Ossau dans les Pyrénées,
plus petit buget de Fédérale 3 avec 100 000 euros, qui lutte pour se maintenir. Nous nous sommes
rendus à l’occasion chez deux bergers, l’un pilier, l’autre demi d’ouverture qui les jours de match vont
traire leurs brebis de bonne heure, entre 5 et 7, pour pouvoir rejoindre ensuite leurs coéquipiers C’est le
rugby que j’aime. Longue vie à Laruns en Fédérale 3.. je n’ose espérer pour eux la Fédérale 2.
J’ai regardé ensuite l’émission sur le Bouddhisme qui nous a menés dans un monastère du Périgord vert qui avait été abandonné par des religieux catholiques. Parole a été donnée à des bonzes et bonzesses francophones qui ont mis l’accent sur l’importance du lien entre les humains et la nature. Ils ont fondé un lieu de prière et de méditation où domine le bois, en harmonie avec l’espace qui les entoure.

Daniel Herrero en 2017
Daniel Herrero en 2017 – Photo : auteur inconnu


Vous me direz quelle drôle d’idée de la part des cerveaux de France 2 d’enchaîner rugby et bouddhisme
et je vous répondrai, vous avez tort. Les deux partagent de nombreuses valeurs.
J’ai rencontré récemment Daniel Herrero au Comedia au Mourillon (à Toulon bien sûr) que dirige notre
ami commun André Neyton. Je lui ai demandé ce qu’il pensait du nouveau stade de rugby du Racing 92
à la Défense. Il est contre à fond, pour lui l’Arena est une salle de spectacle qui dénature l’esprit du
rugby. L’herbe, la terre, le vent, la pluie sont nécessaires à ce sport dont la nature est au coeur.
Rugby et Bouddhisme mettent en avant le dépassement de soi, la nécessité de contrôler ses impulsions, le besoin de mener une vie de groupe harmonieuse. C’est particulièrement vrai avec le bouddhisme du Petit Véhicule qui prévilégie la vie communautaire dans les pagodes et les monastères. Plusieurs entraineurs du Top 14 que j’ai pu entendre m’ont fait penser à des gourous.

La grande différence entre les deux vient de la diététique. Il n’y a pas de troisième mi temps arrosée
chez les bonzes.


André Abbe

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