Des fusées et des clystères

Au milieu des années 60, je passais la moitié de mon temps dans le pays d’Apt;  j’avais des amis farouchement opposés à l’installation de fusées sur le plateau d’Albion. Ils étaient pacifistes et n’envisageaient pas d’avoir recours à la  violence. Mais le génie poétique de René Char et l’humour d’Henri Saigre n’ont pas suffi.

Mes amis m’avaient invité un soir à une représentation du Malade Imaginaire par la troupe de Saigre à Cazeneuve (Vaucluse). Les clystères (seringues à lavement de l’époque) manipulés par des médecins vêtus de noir avaient la forme de fusées… Rigolade générale dans le public.

Le juge de paix d’Apt et de Sault, opposé au projet, avait été dessaisi des affaires. Le sculpteur Raymond Coulon avait choisi de quitter le pays. Des exemples d’opposition individuelle qui n’ont pas impressionné le ministre des Armées.

Des spécialistes de l’armement, minoritaires, avaient expliqué que ces fusées seraient “démodées” avant même leur installation. C’était vrai bien sûr.  Les premiers sous marins nucléaires étaient lancés par la concurrence.

dans la troupe de Saigre il y avait Philippe Nahon que j’ai revu 50 ans plus tard à la télé dans Kaamelot,  jouant un vieillard stupide mais drôle.

André Abbe.

Photos: wikipedia-nathan

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