L’histoire de Mandrin

A la fin du XVIII ° siècle, alors qu’en Provence sévit Gaspard de Besse, le Dauphiné retentit des exploits d’un autre « Robin des bois », Louis Mandrin.

Leurs histoires sont semblables en bien des points.

Bandit pour les uns, héros pour les autres

Louis Mandrin nait à St Etienne de St Geoirs en Isère en 1725.

En 1753, à la suite d’une rixe mortelle, Louis Mandrin et son ami Benoît Brissaud sont condamnés à mort, Mandrin s’enfuit mais Brissaud est pendu à Grenoble.

Le même jour, Pierre son frère cadet, est également pendu pour faux monnayage, Mandrin déclare alors la guerre aux collecteurs de taxe.

Il met sur pied un réseau de contrebande au détriment de la Ferme générale, l’institution la plus puissante et la plus impopulaire de l’Ancien régime. Véritable héros aux yeux du peuple à qui il permet d’acquérir à bas prix des produits coûteux comme le sel ou le tabac, il est l’homme à abattre pour les autorités.

Plusieurs régiments royaux sont alors mobilisés pour sa capture mais en fin stratège et homme rusé il échappe systématiquement à ses poursuivants.

Le parcours de Mandrin

Voltaire dit de lui “qu’il a la vitesse de la lumière”.

En effet, Mandrin “capitaine général des contrebandiers” se déplace avec une rapidité étonnante à travers le Dauphiné, la Provence, le Vivarais, le Forez, l’Auvergne, le Lyonnais, la Bourgogne et la Franche-Comté.

La Ferme va réagir en punissant sévèrement ceux qui achètent sa marchandise. Mandrin change alors de méthode en vendant ses marchandises aux directeurs des Fermes sous la contrainte et au prix fort.

La Ferme, en grand danger, mène alors une véritable chasse à l’homme en payant ses propres troupes régulières et en s’alliant avec le ministre de la guerre, le comte d’Argenson.

Mandrin subira les assauts conjoints de trois régiments sous les ordres du colonel de la Morlière, de Fisher et de Fumel. Cette campagne les mène jusque dans le Jura, la Provence et l’Italie.

Il sera pris le 11 mai 1755 dans le château de Rochefort en Novalaise, en Savoie, ce qui ne manquera pas de créer un incident diplomatique très grave entre la cour de Turin et celle du roi de France car les soldats ont franchi la frontière sans autorisation pour le capturer.

Jugé et roué vif

Après avoir été jugé le 24 mai 1755, Louis Mandrin est roué vif le 26 à Valence devant 6 000 curieux. Il a paraît il enduré son supplice sans une plainte et a même demandé qu’on poursuive sa révolte contre le fisc.

L’homme est mort, mais il devient une légende, celle du bandit justicier qui a lutté contre l’iniquité des taxes de l’Ancien Régime. Elle est portée dans tout le pays par une chanson, “la complainte de Mandrin” dont on ne connaît pas les auteurs.

Claude Boyer

Photos : france pittoresque-wikipedia-le point

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